{"id":19,"date":"2024-06-19T13:27:51","date_gmt":"2024-06-19T11:27:51","guid":{"rendered":"http:\/\/tango-de-la-bahia.fr\/?page_id=19"},"modified":"2024-06-19T18:15:31","modified_gmt":"2024-06-19T16:15:31","slug":"histoire","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/tango-de-la-bahia.fr\/index.php\/le-tango\/histoire\/","title":{"rendered":"Histoire"},"content":{"rendered":"\n<p>Le tango, deux si\u00e8cles de danse &amp; de culture<\/p>\n\n\n\n<p>Argentine ou Uruguay ? Le tango \u00ab rioplatense \u00bb dit argentin peut \u00eatre attribu\u00e9 \u00e0 ces deux patries. Tant dans son histoire que dans son \u00e9volution, le tango a grandi sur les deux rives du fleuve R\u00edo de la Plata, qui lui ont donn\u00e9 leurs musiques, leurs textes et leurs danseurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre tango, la Cumparsita (plus de 1500 interpr\u00e9tations enregistr\u00e9es) a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 \u00e0 Montevideo par un uruguayen, Gerardo Matos Rodrigues, mais enregistr\u00e9 \u00e0 Buenos Aires gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement de l\u2019industrie phonographique qui n\u2019arrivera en Uruguay qu\u2019en 1941.<\/p>\n\n\n\n<p>Francisco Canaro, le chef d&rsquo;orchestre le plus prolifique et le plus enregistr\u00e9 du tango, \u00e9tait uruguayen. Il a pass\u00e9 la plus grande partie de sa vie \u00e0 Buenos Aires et \u00e0 Paris avec son orchestre en \u00ab gaucho argentino \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Julio Sosa, chanteur uruguayen, tr\u00e8s en vogue dans les ann\u00e9es 50 a connu ses meilleures ann\u00e9es \u00e0 Buenos Aires.<\/p>\n\n\n\n<p>Carlos Gardel dont l\u2019acte de naissance le fait na\u00eetre \u00e0 Toulouse en 1890, dont le livret militaire atteste de sa nationalit\u00e9 uruguayenne, d\u00e9tenait un passeport argentin : il deviendra un mythe \u00e0 Buenos Aires et \u00e0 Paris. Il chantait \u00ab Mi Buenos Aires querido \u00bb mais se disait \u00ab rioplatense \u00bb, comme le tango.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Son histoire, sa g\u00e9ographie &amp; son peuple<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignright is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/img.over-blog.com\/300x194\/3\/93\/13\/07\/250px-Tango-entre-homme.jpg\" alt=\"250px-Tango-entre-homme.jpg\" style=\"width:400px\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>A la recherche d\u2019un passage vers l\u2019Oc\u00e9an pacifique, Juan D\u00edaz de Sol\u00eds d\u00e9couvre en 1516, l\u2019estuaire du R\u00edo de la Plata. Vingt ans apr\u00e8s, Pedro de Mendoza fonde en 1536 Santa Mar\u00eda del Buen Ayre que les indig\u00e8nes d\u00e9truiront, avant que Juan de Garay ancre la seconde fondation de la ville qu\u2019il nomme Ciudad de la Santissima Trinidad y Puerto de Buenos Aires. Jusqu\u2019au XVIII\u00b0 si\u00e8cle, l\u2019Argentine n\u2019est qu\u2019un vaste empire colonial espagnol dont l\u2019autorit\u00e9 politique est d\u00e9tenue par la Vice-royaut\u00e9 p\u00e9ruvienne de Lima. Ce territoire se peuple&nbsp;avec&nbsp;les criollos, cr\u00e9oles qui revendiquent leur diff\u00e9rence par rapport \u00e0 la population espagnole. Au XVIII\u00b0 si\u00e8cle, l\u2019Espagne doit morceler son empire colonial sud-am\u00e9ricain : en 1776, na\u00eet la Vice-royaut\u00e9 du R\u00edo de la Plata, un territoire administratif constitu\u00e9 de deux r\u00e9gions : la \u00ab banda oriental \u00bb l\u2019Uruguay et le Paraguay et la \u00ab banda occidental \u00bb, l\u2019Argentine dont Buenos Aires.&nbsp;Parmi la population criolla circulent&nbsp;des id\u00e9es nouvelles avanc\u00e9es, import\u00e9es de l\u2019Ancien Monde des Lumi\u00e8res et de la R\u00e9volution Fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;En 1810, les \u00e9lites argentines sonnent l&rsquo;heure de l\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<p>A la conqu\u00eate agricole du d\u00e9sert, vient s&rsquo;ajouter une r\u00e9volution industrielle qui n\u00e9cessite des bras. Saign\u00e9e de ses populations indig\u00e8nes et noires, extermin\u00e9es, l\u2019Argentine s\u2019ouvre \u00e0 l\u2019immigration. La petite bourgeoisie urbaine qui d\u00e9logera l\u2019aristocratie autochtone du pouvoir, d\u00e9veloppe \u00e0 Buenos Aires, une nouvelle classe populaire ouvri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans cet anonymat urbain et cette transformation radicale en rupture avec le pass\u00e9 latino am\u00e9ricain indig\u00e8ne que na\u00eet le tango sur les deux rives du R\u00edo de la Plata avec une population m\u00e9tiss\u00e9e et \u00e9trang\u00e8re \u00e0 presque 47% \u00e0 Buenos Aires et tout aussi issue de l\u2019immigration \u00e0 Montevideo.<\/p>\n\n\n\n<p>Tandis qu\u2019au XIX\u00b0 si\u00e8cle, le R\u00edo de la Plata devient le plus grand port d&rsquo;immigration des Am\u00e9riques, apr\u00e8s New York, la milonga na\u00eet dans les bordels des faubourgs de Montevideo et de Buenos Aires. Pauvres et d\u00e9racin\u00e9es, ces populations se c\u00f4toient dans le contexte social mis\u00e9reux des conventillos, triste invention de Buenos Aires en moteur de vie communautaire, avec un point d\u2019eau et des toilettes communes. Une pi\u00e8ce souvent sans fen\u00eatre faisait office de toit pour chaque famille, et beaucoup de familles se massaient ainsi dans la promiscuit\u00e9 des g\u00e9n\u00e9rations, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des \u00e9tables \u00e0 cochons, poulaillers\u2026 un tableau de laideur naturaliste cristallisant la pauvret\u00e9, la mis\u00e8re, l\u2019insalubrit\u00e9, la plus \u00e9loquente des in\u00e9galit\u00e9s sociales qui sera le berceau populaire du tango.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0, s\u2019entassent deux communaut\u00e9s : celle des anciens paysans et gauchos (gardiens de b\u00e9tail) qui ont quitt\u00e9 la pampa, descendants des populations indig\u00e8nes d\u2019origine am\u00e9rindienne ou des anciens colonisateurs espagnols, et celle des noirs, mul\u00e2tres et cr\u00e9oles descendants des esclaves africains.<\/p>\n\n\n\n<p>Les humbles petits bals qui vont s\u2019improviser dans les patios des conventillos, sont \u00e0 l\u2019image de cette population patchwork d\u00e9racin\u00e9e et \u00e0 75% masculine : \u00ab une \u00e9choppe de cordonnier noir, une \u00e9picerie galicienne, un marchand de tissu catalan, un tenancier d&rsquo;h\u00f4tel fran\u00e7ais, des ma\u00e7ons napolitains sur les chantiers, des colporteurs syriens, des Turcs fumant le narguil\u00e9 sur le trottoir, regardant passer des immigr\u00e9s russes qui se pressent \u00e0 l&rsquo;office de l&rsquo;\u00e9glise orthodoxe. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Faute de femmes, les hommes d\u00e9soeuvr\u00e9s dansent entre eux en s\u2019inspirant des danses traditionnelles et pastichant les danses picaresques locales et cadenc\u00e9es des noirs, h\u00e9rit\u00e9es du candomb\u00e9 africain et de la habanera cubaine, reprise de la version, imit\u00e9e par les anciens esclaves, de la contredanse de leurs ma\u00eetres espagnols. Cela a donn\u00e9 la \u00ab milonga \u00bb canyengue (canaille), qui est devenu le premier style de tango dans\u00e9 dans les lupanars des faubourgs, du port et des abattoirs de Buenos Aires, au son des vieux pianos, violon, guitare et fl\u00fbte.<\/p>\n\n\n\n<p>Les danseurs ajouteront de nouvelles figures, la coupe (corte), la cassure (quebrada) \u00e9voquant la s\u00e9duction, l\u2019acte sexuel, le machisme, mais aussi et surtout, les sentiments d\u2019exil\u00e9s, de nostalgie, de peine et d\u2019espoirs. C\u2019est un instrument allemand invent\u00e9 en 1850 par Heinrich Band, le bandon\u00e9on, de la famille des instruments \u00e0 boutons et \u00e0 soufflet regroup\u00e9s sous le nom de Konzertina, qui, par son phras\u00e9 m\u00e9lancolique, grave et cadenc\u00e9 exprimera le mieux ces sentiments.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces danseurs de tango qui se pressent la nuit dans les caf\u00e9s flanqu\u00e9s d\u2019une piste de danse ou dans les bastringues, guinguettes de mauvaise r\u00e9putation, vont codifier progressivement les pas simples et rapides et les rythmes marqu\u00e9s et enjou\u00e9s de la milonga pour donner naissance au tango orillero, un nouvel art typiquement port\u00e8gne du pas de deux et de l\u2019abrazo (enlacement) enrichi de figures lascives \u00e0 connotation sexuelle qui scandalisent la bonne soci\u00e9t\u00e9 puritaine du centre-ville. Le peuple des d\u00e9favoris\u00e9s se retrouve dans cette nouvelle danse, le tango, qui unifie leur diversit\u00e9 et noie leur mis\u00e8re. Rien de diff\u00e9rent de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la rive du R\u00edo de la Plata : les tanos (uruguayens d\u2019origine italienne), les gallegos (d\u2019origine&nbsp; espagnole) et les negros (descendants des noirs), fr\u00e9quentent les pulper\u00edas (brasseries) o\u00f9 se m\u00ealent mazurkas, polkas, habaneras au son des orquestas t\u00edpicas.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers tango-milongas et tango-criollos aux couplets na\u00effs et obsc\u00e8nes \u00e9voluent au d\u00e9but des ann\u00e9es 1900 vers un r\u00e9pertoire plus \u00e9labor\u00e9 ; les tout-premiers mini orquesta t\u00edpica, uruguayens ou argentins, apparaissent sur une tonalit\u00e9 musicale plus sombre et plus m\u00e9lancolique et seront les pr\u00e9curseurs d\u2019un rythme musical plus lent, celui&nbsp; de la Vieille Garde (Guardia Vieja), \u00e9poque des tangos les plus c\u00e9l\u00e8bres.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Le tango dans\u00e9 pr\u00e9sente \u00e0 cette \u00e9poque, un aspect provocant et insolant qu&rsquo;il perdra au fur et \u00e0 mesure de son ascension sociale. Bien que peu pratiqu\u00e9 en bal, ce style originel du tango dans\u00e9, tango canyengue, est encore toujours en vogue, et honor\u00e9 par le Carnaval de Montevideo.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Son empreinte sociale et politique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces lieux \u00e9taient les seuls endroits pour les hommes \u00ab rioplatenses \u00bb, de chaleur, de rencontre, de communication et d\u2019humanit\u00e9, telle une vie de quartier, parce qu\u2019ils n\u2019avaient rien d\u2019autre. \u00ab Etre un homme de tango \u00bb signifiait simplement \u00eatre un homme de Buenos Aires, se sentir port\u00e8gne jusqu\u2019\u00e0 y implanter ses propres racines.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais doit-on se persuader pour autant que le tango dans\u00e9 n\u2019est que l\u2019enfant de la mis\u00e8re, des maisons closes et des trafiquants ? Si tel \u00e9tait le cas, sa popularit\u00e9 se serait effac\u00e9e quelques ann\u00e9es plus tard d\u00e8s la premi\u00e8re guerre mondiale avec la disparition de ces lieux de d\u00e9lire nocturne. Le tango, expression profonde de l\u2019\u00e2me populaire, n\u2019a-t-il pas \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t port\u00e9 par le prol\u00e9tariat ? C\u2019est \u00e0 n\u2019en pas douter pour cette raison que la classe dirigeante, h\u00e9riti\u00e8re de la s\u00e9v\u00e8re morale espagnole et du puritanisme victorien, a longtemps m\u00e9pris\u00e9 le tango tout en r\u00e9sistant aux faubourgs envahissants et cons\u00e9quemment, \u00e0 une v\u00e9ritable d\u00e9mocratie. A noter que le band\u00e9oniste Domingo Santa Cruz est rest\u00e9 inscrit dans les m\u00e9moires parce que l\u2019Union civica qu\u2019il a compos\u00e9e vers 1910, a servi d\u2019hymne partisan du parti radical.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans contexte, l\u2019Argentine est socialement et politiquement impr\u00e9gn\u00e9e de cette culture du tango. La plupart des paroles des tangos du d\u00e9but du XIX\u00b0 si\u00e8cle pointaient du doigt avec verve, les mauvais tours que le si\u00e8cle \u00e9tait en train de jouer aux r\u00eaves des immigrants, travers d\u2019une \u00e9poque o\u00f9 la po\u00e9sie se faisait le porte-drapeau de leurs d\u00e9sillusions.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tango va repr\u00e9senter un atout important dans la d\u00e9magogie populiste dictatoriale du p\u00e9ronisme. Peron saisit l\u2019occasion des efforts de guerre en profitant du march\u00e9 qu\u2019ouvre la reconstruction de l\u2019Europe, pour sortir l\u2019Argentine de la crise en pr\u00e9conisant une politique de modernisation radicale de l\u2019\u00e9conomie, s\u2019appuyant sur une base id\u00e9ologique populiste dans les banlieues pauvres de la capitale o\u00f9 est n\u00e9 le tango. Le renversement du gouvernement p\u00e9roniste ouvrira trente ann\u00e9es noires pour le tango et pour l\u2019Argentine.<\/p>\n\n\n\n<p>La politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 mise en place par l\u2019oligarchie qui a pris le pouvoir, touche tous les aspects de la vie argentine et au milieu des ann\u00e9es soixante, ce sont les travailleurs et les libres penseurs qui en paieront le prix face aux militaires. Le conservatisme politique se double d\u2019un conservatisme culturel qui r\u00e9prime le tango, symbole du populisme p\u00e9roniste.<\/p>\n\n\n\n<p>La libert\u00e9 de danser le tango reviendra avec la lib\u00e9ralisation de l\u2019expression politique et sociale apr\u00e8s la chute des \u00ab g\u00e9n\u00e9raux \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ses origines d\u2019Afrique noire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignright is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/img.over-blog.com\/300x180\/3\/93\/13\/07\/250px-Candombe1870-Uruguay.jpg\" alt=\"250px-Candombe1870-Uruguay.jpg\" style=\"width:400px\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Tout au long du XIX\u00b0 et au d\u00e9but du XX\u00b0 si\u00e8cles, les musiques et danses tr\u00e8s ritualis\u00e9es des descendants d\u2019esclave, importante population port\u00e8gne du R\u00edo de la Plata, constitueront la gen\u00e8se du tango dont la signification du nom trouve aussi ses racines en Afrique :<\/p>\n\n\n\n<p>En langue kongo : tango signifie \u00ab lieu ferm\u00e9 \u00bb d\u2019initiation, o\u00f9 s\u2019accordent rituels et tambours.&nbsp; Le terme aurait ensuite d\u00e9sign\u00e9 les tambours eux-m\u00eames, puis la musique produite par ces tambours.<\/p>\n\n\n\n<p>Tango \u00e9tait aussi le lieu d\u2019embarquement d\u00e9sign\u00e9 par les n\u00e9griers o\u00f9 ils parquaient les esclaves. Il sera en Am\u00e9rique, le lieu o\u00f9 on les vendait. Il sera aussi adopt\u00e9 pour d\u00e9signer les bailes de tangos : les danses et les jeux de tambours des noirs.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1788, l\u2019autorit\u00e9 de Buenos Aires juge scandaleux \u00ab que l&rsquo;on ait permis \u2026 \u00e0 la multitude de Noirs libres et esclaves qui vivent dans cette ville, de se r\u00e9unir pour faire leurs tambos et danses \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de la ville, contrevenant aux lois divines et humaines \u00bb (Novati). En 1806, Montevideo n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 ce jugement : la municipalit\u00e9 s\u2019insurge contre les \u00ab\u00a0tambos bailes de Negros\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0los Negros con el tango\u00a0\u00bb, et en 1816, \u00e0 plusieurs reprises, leur interdisent l\u2019entr\u00e9e de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sa gen\u00e8se latino am\u00e9ricaine<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au tournant du XIX si\u00e8cle, les danses de salon europ\u00e9ennes immigrent aussi dans ceux du Rio de la Plata :<\/p>\n\n\n\n<p>mazurkas, scottishs, valses.\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le tango est un m\u00e9tissage de trois danses :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211;&nbsp; le&nbsp;<strong>candomb\u00e9<\/strong>&nbsp;dans\u00e9 par les esclaves noirs, au rythme syncop\u00e9 et endiabl\u00e9 soutenu par trois tambores (piano, chico, et repique) appel\u00e9s tangos. Les descendants empruntent \u00e0 leurs anciens ma\u00eetres, les danses de couples ignor\u00e9es de la tradition africaine. Les danses de salons europ\u00e9ennes comme la mazurka et la polka se d\u00e9forment \u00e0 leur contact car les Noirs les investissent d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments culturels qui sont \u00e9trangers \u00e0 ces danses. Quant aux compraditos de la ville, ils empruntent aux Noirs cette danse et en singeant leurs figures, inventent des nouveaux pas. Le candomb\u00e9 est pr\u00e9sent dans le paysage culturel de Montevideo et reste dans les milongas, la signature de son h\u00e9ritage am\u00e9ricain.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/img.over-blog.com\/300x227\/3\/93\/13\/07\/candombe--2-.JPG\" alt=\"candombe--2-.JPG\" style=\"width:400px\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp;la&nbsp;<strong>Habanera<\/strong>&nbsp;d\u2019origine cubaine : le nom habanera, issu de La Havane est d\u00fb au fait que les chansons \u00e9taient cr\u00e9es et chant\u00e9es par des marins catalans partants pour Cuba. Elles expriment la nostalgie de la terre catalane et des \u00eatres aim\u00e9s et ces petits d\u00e9tails de la vie quotidienne qui manquent quand on est en mer. Les habaneras catalanes sont un genre de chansons populaires d&rsquo;origine catalane chant\u00e9es en catalan. Cr\u00e9ole et castillane \u00e0 la fois, la havanaise, moins tr\u00e9pidante que la milonga, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une mutation de l\u2019ancienne contredanse espagnole. Dans Carmen, Bizet introduit une havanaise dont le tango lui empruntera ce rythme tr\u00e8s lent.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; &nbsp;la&nbsp;<strong>milonga<\/strong>, m\u00e9lodie traditionnelle venue de la pampa argentine et issue du folklore populaire local, \u00e9pousant des airs nostalgiques italiens du Mezzogiorno dont la tarentelle, et sensuels cubains et andalous, fait appara\u00eetre une nouvelle forme musicale.<\/p>\n\n\n\n<p>De fait, les couleurs africaines s\u2019att\u00e9nuent, le tambour est banni, le violon lui donne des accents m\u00e9lancoliques d\u2019Europe de l\u2019Est.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Son h\u00e9ritage en paroles &amp; musiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La musique du tango pourrait \u00eatre r\u00e9sum\u00e9e ainsi : \u00ab une rythmique afro, des musiciens italiens jouant sur des instruments allemands, des m\u00e9lodies d&rsquo;Europe de l\u2019Est avec des paroles qui viennent des zarzuelas espagnoles. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux paroles, le tango puise ses origines dans les po\u00e9sies du XVII\u00b0 si\u00e8cle appel\u00e9es \u00ab payadas \u00bb dont il a conserv\u00e9 le caract\u00e8re libre du vers. Le tango chant\u00e9 utilise \u00e0 ses d\u00e9buts le lunfardo, argot cr\u00e9\u00e9 par les \u00ab peu fr\u00e9quentables \u00bb \u00e0 la fin du XVIII\u00b0 si\u00e8cle pour ne pas \u00eatre compris du reste de la population. Gr\u00e2ce au tango, le lunfardo se propage dans toutes les couches de la soci\u00e9t\u00e9 argentine jusqu\u2019\u00e0 devenir un signe de reconnaissance et d\u2019identit\u00e9 dans ses textes; des th\u00e8mes majeurs qui s\u2019inscrivent dans la litt\u00e9rature latino-am\u00e9ricaine o\u00f9 la solitude est omnipr\u00e9sente tout autant que la nostalgie d\u2019un pass\u00e9 r\u00e9volu, des amours malheureux, l\u2019obsession du temps qui passe\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re r\u00e9f\u00e9rence au nouveau genre musical dit tango para\u00eet le 30 ao\u00fbt 1855 dans La Tribuna, une composition de Nincenetti. A cette m\u00eame \u00e9poque, le piano est int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l\u2019orchestre de tango qui se rapproche ainsi de sa forme actuelle : le trio (guitare, violon et bandon\u00e9on qui se substitue \u00e0 la fl\u00fbte) qui \u00e9volue vers le sextuor : deux bandon\u00e9ons, deux violons, une contrebasse, un piano.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Son mythe Carlos Gardel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image alignright is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/img.over-blog.com\/196x300\/3\/93\/13\/07\/Gardel_sm.jpg\" alt=\"Gardel sm\" style=\"width:150px\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Le tango gagne ses lettres de noblesse avec le phonographe et les premiers enregistrements. En 1917, la Compagnie argentine Victor Records immortalise la voix d\u2019or du tango, Carlos Gardel.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1893, \u00e0 bord du bateau portugais le Dom Pedro, Charles Romuald Gardes arrive avec sa m\u00e8re, Berthe Gardes, \u00e0 Buenos Aires, la ville dont l\u2019enfant allait devenir un demi-dieu et o\u00f9 85000 immigr\u00e9s d\u00e9barqu\u00e8rent cette ann\u00e9e-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>La qualit\u00e9 dramatique qu\u2019il donne \u00e0 sa voix de t\u00e9nor lui vaut le surnom de \u00ab El Zorzal \u00bb, nom d\u2019une fauvette sud-am\u00e9ricaine, et de passer en quelques mois des caf\u00e9s de banlieue aux grandes salles du centre-ville. Il est le r\u00e9v\u00e9lateur en musique de ce tango dans\u00e9. En 1917, au th\u00e9\u00e2tre Esmeralda, il fait \u00ab monter le tango des pieds aux l\u00e8vres \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un style nouveau, l\u2019intensit\u00e9 dramatique de son lyrisme qui balaie le m\u00e9lodrame sirupeux des autres chanteurs, transforme le tango en une lamentation m\u00e9lancolique (La Violetera, Mano a mano, \u2026). Le peuple argentin suit ses succ\u00e8s et s\u2019identifie \u00e0 lui ; il est la voix de toute une nation, d\u00e9positaire des espoirs de chaque Argentin. Le myst\u00e8re qu\u2019il cultivait sur ses origines, a contribu\u00e9 \u00e0 accentuer la sacralisation de son personnage aupr\u00e8s tant des Argentins que des Europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n<p>Il enregistre Volver \u00e0 New York le 19 mars 1935 : tous les citoyens des causes perdues se reconnaissent dans cette plainte r\u00e9sign\u00e9e de l\u2019immigrant en errance perp\u00e9tuelle d\u2019appartenance et d\u2019amour. Trois mois apr\u00e8s ce tango qui se veut pr\u00e9monitoire, il ne sera jamais de retour et meurt dans un crash d\u2019avion en Colombie.<\/p>\n\n\n\n<p>Carlos Gardel est une ic\u00f4ne dans la m\u00e9moire de Buenos Aires. Sa disparition, si elle marque la fin de l\u2019\u00e2ge d\u2019or du tango, plonge la ville, l\u2019Argentine et le tango dans un deuil profond qui servira de paravent aux transformations socio-\u00e9conomiques que subit le pays depuis la crise de 1929.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ses valeurs nomades<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les fils de bonne famille, pr\u00eats \u00e0 s\u2019encanailler dans les bas-fonds de Buenos Aires et y s\u00e9duire les milonguitas, s\u2019approprient la danse des porte\u00f1os et l\u2019introduisent dans les maisons closes bourgeoises avant de s\u2019engouffrer dans les salons de danse du centre-ville. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du fleuve \u00e0 Montevideo, les premi\u00e8res academias, qui plus tard deviendront des salles d\u2019enseignement et de pratique du tango, commencent \u00e0 \u00e9clore.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/img.over-blog.com\/300x203\/3\/93\/13\/07\/tango-1930.jpg\" alt=\"tango-1930.jpg\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Du d\u00e9but du si\u00e8cle aux ann\u00e9es 30 : le tango navigue entre les faubourgs et la bourgeoisie rioplatense en faisant une escale&#8230; en Europe. Le tango devient une culture de voyage, \u00e9crite pas \u00e0 pas par les immigrants, dans un livre aux mots tourment\u00e9s. Les marins argentins propagent les premi\u00e8res partitions dans les ports europ\u00e9ens dont Marseille en 1906. Des enregistrements seront grav\u00e9s plus tard \u00e0 Paris par la g\u00e9n\u00e9ration 1910 des musiciens argentins.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est \u00e0 Paris que de jeunes bourgeois argentins&nbsp;en voyage initiatique entra\u00eeneront la soci\u00e9t\u00e9 parisienne, cosmopolite, \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt de culture exotique et de sensualit\u00e9 latine pour s&rsquo;\u00e9gayer \u00e0 cette danse des bouges et des tripots de Buenos Aires et de Montevideo.<\/p>\n\n\n\n<p>Une violente offensive en 1914 de l\u2019Eglise met \u00e0 l\u2019index le tango jug\u00e9 ind\u00e9cent, Pie X le condamne. Mais le tango argentin qui a d\u00e9j\u00e0 retravers\u00e9 l\u2019Atlantique, fait fureur dans les salons parisiens \u00e0 la mode. Il sera r\u00e9habilit\u00e9 par Beno\u00eet XV.<\/p>\n\n\n\n<p>En entrant dans les salons, cette danse qui n\u2019inspirait que d\u00e9ch\u00e9ance et impudeur aux classes moyennes, se<\/p>\n\n\n\n<p>d\u00e9barrasse de ses oripeaux et devient plus distingu\u00e9e. C&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 cette aura europ\u00e9enne que le tango se diffusera dans la bonne soci\u00e9t\u00e9 argentine et uruguayenne, en retraversant l\u2019Atlantique pour revenir sur ses terres natales. La bourgeoisie argentine, tr\u00e8s sensible \u00e0 la mode parisienne, accepte enfin ce genre devenu convenable.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la crise de 1929, le tango se d\u00e9mode fortement en Europe, exception faite de la Finlande qui en fera sa danse de salon. Le tango retourne alors en Am\u00e9rique latine.<\/p>\n\n\n\n<p>Du d\u00e9but du si\u00e8cle aux ann\u00e9es 30, la danse \u00e9volue et des pas plus complexes apparaissent pendant que le tempo du tango se ralentit fortement. Durant cette p\u00e9riode de la Guardia Vieja, le tango dans\u00e9 se pratique alors sur des tangos, des milongas et des valses.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es 1940 \u00e0 1955 voient l\u2019Argentine sortir de la r\u00e9cession et la pr\u00e9sidence de Peron co\u00efncide avec l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or du tango. Tempo et rythme des tangos jou\u00e9s (mais aussi des milongas et des valses) se r\u00e9acc\u00e9l\u00e8rent un peu et se diversifient. Parmi les plus grands musiciens : An\u00edbal Troilo, Osvaldo Pugliese, Francisco Canaro. Quelques 600 orchestres de tango recens\u00e9s \u00e0 la fin des ann\u00e9es 40, tournent \u00e0 plein r\u00e9gime \u00e0 travers l&rsquo;Argentine, se concentrant sur le grand Buenos Aires qui d\u00e9passe 5 millions d&rsquo;habitants.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 60, l\u2019esprit tango est r\u00e9incarn\u00e9 dans une musique de concert sous l\u2019impulsion d\u2019Astor Piazzolla, qui n\u2019a pas d\u00e9daign\u00e9 flirter avec le jazz et le rock. Il d\u00e9laisse le rythme traditionnel et le remplace par une respiration plus nuanc\u00e9e. N\u00e9anmoins, d\u00e9mod\u00e9, le tango saute une g\u00e9n\u00e9ration. Mais apr\u00e8s un lent d\u00e9clin jusqu\u2019en 1980 d\u00fb \u00e0 l\u2019influence de nouvelles musiques sur la jeunesse argentine, notamment le Rock&rsquo;n roll, la Pop&#8230; et trois d\u00e9cennies de violences et d&rsquo;instabilit\u00e9s politiques et sociales en Argentine,&nbsp;c\u2019est l\u2019\u00e9cho international du tango nuevo qui va r\u00e9veiller le tango port\u00e8gne. Astor Piazzola avait fait comprendre que le tango \u00e9tait l\u2019essence du peuple argentin. Horacio Salg\u00e1n, pianiste exceptionnel et novateur, incorpore beaucoup d\u2019influences musicales modernes dans ses compositions et assure la continuit\u00e9 cr\u00e9atrice dans la tradition. Mosalini, musicien autodidacte, n\u00e9 en Argentine en 1943, s\u2019exile en France pour \u00e9laborer une m\u00e9thode de bandon\u00e9on et r\u00e9invente un art presque oubli\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alfredo Gobbi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>(14 mai 1912 \u2013 21 mai 1965). Il fut le Ma\u00eetre du Tango romantique et &lsquo;canyengue&rsquo;. Un des piliers de l\u2019histoire du tango. Auteur de tangos inoubliables comme \u00ab A Orlando Go\u00f1i \u00bb, \u00ab El Andariego \u00bb ou \u00ab Camandulaje \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>An\u00edbal Troilo<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>(11 juillet 1914 \u2013 18 mai 1975). Il fut une figure embl\u00e9matique qui sut reprendre les styles de grands bandon\u00e9onistes comme Pedro Maffia, Pedro Laurenz et Ciriaco Ortiz, dans un timbre propre au sein de son orchestre o\u00f9 d\u00e9buta Astor Piazzolla.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Carlos Di Sarli<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>(7 janvier 1903 \u2013 12 janvier 1960). Il a \u00e9t\u00e9 un Ma\u00eetre du tango \u2018simple\u2019 au style lent et d\u00e9licat. Di Sarli se caract\u00e9rise par la qualit\u00e9 de gestion de la main gauche au piano et de remarquables arrangements pour cordes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Francisco Canaro<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>(26 novembre 1888 \u2013 14 novembre 1964). Un autre parmi les pionniers du genre,<\/p>\n\n\n\n<p>auteur de nombreux tangos comme \u00ab El Chamuyo \u00bb ou \u00ab La Tablada \u00bb. Notoire<\/p>\n\n\n\n<p>producteur de com\u00e9dies musicales, de films et fondateur de la Soci\u00e9t\u00e9 Argentine<\/p>\n\n\n\n<p>d\u2019Auteurs et Compositeurs (SADAIC).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Horacio Salg\u00e1n<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Horacio Salg\u00e1n repr\u00e9sente la derni\u00e8re \u00e9volution de l\u2019Orquesta T\u00edpica del Tango. Excellent<\/p>\n\n\n\n<p>pianiste, compositeur et arrangeur, ses cr\u00e9ations sont remarquables. Cr\u00e9ateur avec le<\/p>\n\n\n\n<p>guitariste Ubaldo de L\u00edo, avec lequel il joue depuis plus de 40 ans, du mythique Quinteto<\/p>\n\n\n\n<p>Real. Il est le compositeur de \u00ab A fuego lento \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Juan D\u2019Arienzo<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>(14 d\u00e9cembre 1900 \u2013 14 janvier 1976). Gr\u00e2ce \u00e0 son style simple et bien marqu\u00e9, il a su<\/p>\n\n\n\n<p>rendre le tango aux danseurs et initia ce qui est devenue la D\u00e9cennie Dor\u00e9e du Tango.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Osvaldo Fresedo<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>(5 mai 1897 \u2013 18 novembre 1984). Un des pionniers du Tango raffin\u00e9. Il va apporter des<\/p>\n\n\n\n<p>timbres exotiques et donne au Tango une personnalit\u00e9 qui influencera de nombreux<\/p>\n\n\n\n<p>artistes. Fresedo s&rsquo;est produit pendant plus de soixante ans, dans un souci constant<\/p>\n\n\n\n<p>d\u2019\u00e9volution. Il est l\u2019auteur de tangos d&rsquo;anthologie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Osvaldo Pugliese<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>(2 d\u00e9cembre 1905 \u2013 25 juillet 1995). Le Ma\u00eetre de l\u2019Humilit\u00e9. Celui qui rayonne. La<\/p>\n\n\n\n<p>coh\u00e9rence d\u2019un artiste majeur dont le style se perp\u00e9tue. Cr\u00e9ateur de \u00ab La Yumba \u00bb et \u00ab<\/p>\n\n\n\n<p>Recuerdo \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es 1990 voient rena\u00eetre le tango de ses cendres gr\u00e2ce notamment \u00e0 des tourn\u00e9es mondiales telles que \u00ab Tango Argentino \u00bb cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Paris en 1984, jou\u00e9e \u00e0 Brodway en 1985 et en 1986 \u00e0 Buenos Aires; depuis, il a explos\u00e9 dans les jeunes g\u00e9n\u00e9rations et s\u2019est d\u00e9mocratis\u00e9 autant en Argentine qu\u2019en Europe. Le groupe Gotan Project a aussi mondialement contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9nover le tango dans la jeune g\u00e9n\u00e9ration en introduisant la sonorit\u00e9 \u00e9lectro dans ses compositions.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que la culture du tango, une des formes des plus authentiques de musique populaire et une des danses les plus cr\u00e9atives du si\u00e8cle dernier, a surv\u00e9cu jusqu\u2019\u00e0 \u00eatre accapar\u00e9e aujourd\u2019hui par toutes les nationalit\u00e9s et \u00eatre inscrite le 30 septembre 2009, au patrimoine culturel immat\u00e9riel de l\u2019Unesco<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Son opposition au \u00ab tango&nbsp;<em>de salon<\/em>&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le tango \u00ab rioplatense \u00bb est une danse d\u2019improvisation et de ressenti, non standardis\u00e9, o\u00f9 aucun pas ou aucune s\u00e9quence ne se r\u00e9p\u00e8te, qui n&rsquo;a de cesse d&rsquo;\u00e9voluer, o\u00f9 les bustes sont souples et mobiles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tango dans l&rsquo;imaginaire collectif europ\u00e9en fut longtemps et est encore souvent associ\u00e9 \u00e0 une danse r\u00e9tro de salon, voire de cabaret, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 un type d&rsquo;\u00e9nergie de danse tr\u00e8s tonique et parfois sec, que les amateurs de tango rioplatense trouvent m\u00eame parfois guind\u00e9 ou raide, et qu&rsquo;ils n&rsquo;aiment pas beaucoup car elle donne une fausse image de leur danse, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de ce qu&rsquo;elle est.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tango argentin a toujours \u00e9t\u00e9, dans les bals, une danse improvis\u00e9e, tr\u00e8s fluide, souple et au ras du sol.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ses pas et sa technique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le tango est d&rsquo;abord une marche, principalement sur les temps forts de la mesure (les temps 1 et 3<\/p>\n\n\n\n<p>de la mesure \u00e0 4 temps du tango, le temps 1 de la mesure \u00e0 3 temps de la valse.) Lorsque l&rsquo;on danse<\/p>\n\n\n\n<p>un contretemps, la marche s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re bri\u00e8vement: on danse alors sur les temps forts et faibles.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;existe pas de pas ou s\u00e9quence conventionnelle \u00e0 reproduire ou \u00e0 apprendre par coeur. Le pas de<\/p>\n\n\n\n<p>base, dit \u00absalida\u00bb, est enseign\u00e9 aux d\u00e9butants par vertu p\u00e9dagogique, mais il est rarement pratiqu\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>en bal. Un danseur qui guide sa partenaire n&rsquo;a pas de raison d&rsquo;effectuer cette s\u00e9quence particuli\u00e8re et<\/p>\n\n\n\n<p>apprend \u00e0 se d\u00e9placer sur la piste sans penser aux pas. Chaque tanguero danse selon son propre<\/p>\n\n\n\n<p>ressenti. De ce fait, il n&rsquo;y a pas d\u2019\u00e9cole de tango proprement dite, mais est une danse qui est un<\/p>\n\n\n\n<p>apprentissage et un engagement de toute une vie. La passion que le tango suscite est telle que les<\/p>\n\n\n\n<p>tangueros maestros se produisent la plupart du temps jusqu&rsquo;\u00e0 leur mort.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019homme qui guide, ne le fait pas litt\u00e9ralement avec les bras, ni avec les mains, mais avec le buste,<\/p>\n\n\n\n<p>avec le poids du corps. Ce guidage qui semble imperceptible vu de l&rsquo;ext\u00e9rieur, est en fait infiniment<\/p>\n\n\n\n<p>plus clair pour le partenaire qui suit, que s&rsquo;il \u00e9tait effectu\u00e9 directement avec les bras. La danseuse suit<\/p>\n\n\n\n<p>pour garder l&rsquo;axe du couple, tout en gardant l&rsquo;\u00e9quilibre sur son propre axe, sans chercher \u00e0 anticiper<\/p>\n\n\n\n<p>les pas. En aucun cas il ne s&rsquo;agit de porter le poids de l&rsquo;autre, ou de faire porter son poids \u00e0 l&rsquo;autre :<\/p>\n\n\n\n<p>c&rsquo;est un langage de communication corporelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que fond\u00e9 sur des pas de marche naturels, le tango est probablement l&rsquo;une des danses les plus<\/p>\n\n\n\n<p>difficiles \u00e0 ma\u00eetriser. Les figures y sont nombreuses et parfois complexes. La danseuse peut \u00eatre<\/p>\n\n\n\n<p>amen\u00e9e, sur certaines figures, \u00e0 \u00e9voluer \u00e0 un rythme diff\u00e9rent de celui du danseur. C&rsquo;est donc l&rsquo;une<\/p>\n\n\n\n<p>des danses qui exige le plus de complicit\u00e9 dans le couple. C&rsquo;est pourquoi la position du couple est<\/p>\n\n\n\n<p>diff\u00e9rente de celle des autres danses. Le bras droit du danseur va plus loin dans le dos de la danseuse,<\/p>\n\n\n\n<p>de mani\u00e8re \u00e0 \u00e9tablir un contact franc entre les deux partenaires.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Son rythme musical<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le tango est fond\u00e9 sur des ruptures de rythme.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le pas de base, on compte \u00ab\u00a0lent\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0lent\u00a0\u00bb : le danseur avance alors le pied gauche puis le pied droit, la danseuse reculant le pied droit, puis le pied gauche\u00a0\u00bb, puis \u00ab\u00a0vite\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0vite\u00a0\u00bb sur des pas tr\u00e8s courts ou sur le c\u00f4t\u00e9, puis \u00ab\u00a0lent\u00a0\u00bb : le danseur avance son pied gauche&#8230; et ainsi de suite : \u00ab\u00a0lent\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0vite\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0vite\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0lent\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0lent\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0vite\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0vite\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0lent\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Le 2&#215;4 est une expression utilis\u00e9e \u00e0 Montevideo et Buenos Aires pour d\u00e9crire le tango, qui fait aussi r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une certaine rythmique de tango.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et son ressenti<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le tango est une danse en recherche permanente. \u00ab On ne conna\u00eet pas le fondement structurel et<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>technique du tango. On en est encore \u00e0 discuter si l\u2019on doit ouvrir l\u2019abrazo, qu\u2019elle est la bonne<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>distance, qu\u2019elle est la lecture que l\u2019on doit faire de la technique \u00bb<\/em>&nbsp;Gustavo Naveira.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le tango est une pens\u00e9e triste qui se danse<\/em>&nbsp;(Enrique Santos Disc\u00e9polo, compositeur).<\/p>\n\n\n\n<p><em>Loin des clich\u00e9s de s\u00e9duction fatale, l&rsquo;utopie tango, c&rsquo;est la fusion<\/em>&nbsp;(Emmanuelle Honorin, Livret<\/p>\n\n\n\n<p>Paris-Quartiers d&rsquo;\u00e9t\u00e9s 2007).<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le tango est fonci\u00e8rement baroque. L\u2019esprit classique avance droit devant lui. L\u2019esprit baroque<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>s\u2019offre des d\u00e9tours malicieux, d\u00e9licieux. Ce n\u2019est pas qu\u2019il veuille arriver plus vite. Ce n\u2019est<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>m\u00eame pas qu\u2019il veuille arriver. C\u2019est qu\u2019il veut jouir du voyage<\/em>&nbsp;(extraits de&nbsp;<em>Buenos Aires<\/em>&nbsp;de<\/p>\n\n\n\n<p>Alicia Dujovne Ortiz.&nbsp;<em>Des villes<\/em>, \u00e9ditions du Champ Vallon).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Son univers, la milonga<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La milonga ne d\u00e9signe pas seulement un rythme particulier o\u00f9 les danseurs dansent plut\u00f4t en posture ferm\u00e9e, mais aussi le lieu ou l&rsquo;on danse le tango, et \u00e9galement la soir\u00e9e dansante proprement dite.<\/p>\n\n\n\n<p>Autrefois, la milonga \u00e9tait cantonn\u00e9e dans les lieux de mauvaise vie.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut aussi employer le terme bal. En France, dans le milieu du tango, le \u00ab bal \u00bb est commun\u00e9ment utilis\u00e9 pour d\u00e9finir une soir\u00e9e ponctuelle dans un lieu donn\u00e9. La \u00ab milonga \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une soir\u00e9e qui a lieu r\u00e9guli\u00e8rement&nbsp; au m\u00eame endroit, en g\u00e9n\u00e9ral chaque semaine et r\u00e9serv\u00e9e au tango.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le tango est une marche, les danseurs tournent ensemble dans le sens du bal inverse des aiguilles d&rsquo;une montre. De l&rsquo;espace du bal, se d\u00e9gage aussi une \u00e9nergie collective, \u00e0 laquelle tous participent, et qui se retrouve, m\u00eame inconsciemment, dans la danse du couple.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Son code d\u2019invitation, le \u00ab cabeceo \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le cabeceo d\u00e9signe la mani\u00e8re traditionnelle, d\u00e9licate et discr\u00e8te, d&rsquo;inviter un ou une partenaire \u00e0 danser par le regard. Chacun guette discr\u00e8tement le regard de celui ou celle avec qui il souhaite danser. Un regard d\u00e9tourn\u00e9 signifie un refus. Si les danseurs soutiennent mutuellement le regard, alors l&rsquo;homme fait un l\u00e9ger signe de t\u00eate pour signifier l&rsquo;invitation. \u00c0 Buenos Aires, le cabeceo est tr\u00e8s r\u00e9pandu, m\u00eame dans les milongas fr\u00e9quent\u00e9es par les jeunes. S&rsquo;il est rare qu\u2019une tanguera se d\u00e9place pour inviter un tanguero, elle guettera son regard et celui-ci comprendra clairement qu&rsquo;elle souhaite danser avec lui, et n&rsquo;aura alors plus qu&rsquo;\u00e0 faire un signe d&rsquo;invitation. Le cabeceo est simplement un moyen pratique et discret d\u2019inviter sans provoquer, ni g\u00eaner.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand un couple de danseurs arrive sur la piste de danse, l\u2019homme ouvre son bras gauche et offre sa main. La femme s\u2019approche et choisit la position de l\u2019\u00e9treinte, rapproch\u00e9e ou \u00e9loign\u00e9e. C\u2019est donc \u00e0 la femme de d\u00e9terminer \u00e0 quelle distance ils vont danser. Arriv\u00e9s sur la piste, ils attendent quelques mesures et se positionnent par rapport \u00e0 la circulation sur la piste de danse avant de commencer \u00e0 danser.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tango se danse en silence : on ne parle pas, on ne chante pas.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Son code couleur, le noir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette couleur vestimentaire a des origines multiples. Depuis des temps imm\u00e9moriaux, elle prot\u00e8ge du soleil dans les pays chauds; elle est une tradition vestimentaire dans tous les pays occidentaux latins, Espagne et Italie, dont les immigrants ont largement contribu\u00e9 au peuplement de l\u2019Argentine \u00e0 la gen\u00e8se du Tango.<\/p>\n\n\n\n<p>Couleur symbolique impos\u00e9e par le Clerg\u00e9 de Constantinople au V\u00b0 si\u00e8cle, en signe d\u2019abn\u00e9gation et d\u2019ob\u00e9issance \u00e0 Dieu et perp\u00e9tu\u00e9e par tous les ordres chr\u00e9tiens au cours des si\u00e8cles suivants, l\u2019opposant au blanc du bien, de la virginit\u00e9 et de la puret\u00e9 de l\u2019\u00e2me. L\u2019Occident a fait du noir, la couleur du mal, du deuil, des t\u00e9n\u00e8bres, de la nuit o\u00f9 se concentre l\u2019\u00e9nergie et se f\u00e9conde la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le noir, symbole de la r\u00e9volte, de la piraterie, de l\u2019anarchie, devient au d\u00e9but des ann\u00e9es 30, la couleur de la dignit\u00e9 et de l\u2019\u00e9l\u00e9gance dans les soir\u00e9es mondaines, les c\u00e9r\u00e9monies, puis celui de la s\u00e9duction par excellence : le \u00ab latin lover \u00bb et la femme fatale se le sont appropri\u00e9s. Le noir fait pour cacher devient une couleur forte de la s\u00e9duction, il sublime, provoque, captive. Paradoxal, associ\u00e9 au myst\u00e8re et \u00e0 la protection charnelle, il \u00e9pure les contours et se porte aussi bien le jour que la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour toutes ces raisons et d\u2019autres plus psychologiques allant jusqu\u2019\u00e0 la symbolique de groupe, les danseurs de tango ont rev\u00eatu cette couleur pour se d\u00e9marquer \u00e0 travers la th\u00e9\u00e2tralisation de leur danse, tel un code culturel destin\u00e9 \u00e0 les faire se reconna\u00eetre, se rassembler, qui marque leur appartenance \u00e0 une culture unique, complexe, envo\u00fbtante.<\/p>\n\n\n\n<p>Le noir se conforme \u00e0 tous les styles raffin\u00e9s ou clinquants, et les mati\u00e8res, velours, soie, dentelle, r\u00e9sille, coton, cuir, \u2026 en fonction des personnalit\u00e9s; avec un soup\u00e7on de rouge passion ou de blanc virginal, il devra toujours \u00eatre exploit\u00e9 avec intelligence et sobri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sa litt\u00e9rature et son cin\u00e9ma<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"259\" height=\"179\" src=\"http:\/\/img.over-blog.com\/300x205\/3\/93\/13\/07\/Cinema-tango.jpg\" alt=\"Cin\u00e9ma tango\"><\/p>\n\n\n\n<p>Le tango, c&rsquo;est aussi :<\/p>\n\n\n\n<p>Une litt\u00e9rature avec de nombreux auteurs de chansons et de textes, tels que : Leopoldo Marechal, Homero Manzi, Celedonio Flores, Evaristo Carriego, Enrique Disc\u00e9polo, Jorge Luis Borges \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et un cin\u00e9ma, avec des films o\u00f9 chantent Carlos Gardel (El d\u00eda que me quieras) , Libertad Lamarque, Hugo del Carril, et des films comme El exilio de Gardel et S\u00far de Fernando Solanas (chanteur, Roberto Goyeneche et musique \u00e9crite par Astor Piazzolla) \u2026 Et plus r\u00e9cemment, pour ne citer que La le\u00e7on de tango de&nbsp;Sally Potter, Nosotros de Diego Martinez Vignatti, Si sos brujo de Caroline&nbsp;Neal,&nbsp;Tango de Carlos Saura\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Vous pouvez retrouver l&rsquo;histoire du tango (plus compl\u00e8te sur certains points, moins sur d&rsquo;autres)\u00a0sur ce site : http:\/\/www.nhusser.com\/College\/cham4\/Tango\/Tangocomplet.htm<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le tango, deux si\u00e8cles de danse &amp; de culture Argentine ou Uruguay ? Le tango \u00ab rioplatense \u00bb dit argentin peut \u00eatre attribu\u00e9 \u00e0 ces deux patries. Tant dans son histoire que dans son \u00e9volution, le tango a grandi sur les deux rives du fleuve R\u00edo de la Plata, qui lui ont donn\u00e9 leurs musiques, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":32,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-19","page","type-page","status-publish","hentry"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tango-de-la-bahia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/19","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tango-de-la-bahia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/tango-de-la-bahia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tango-de-la-bahia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tango-de-la-bahia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/tango-de-la-bahia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/19\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":78,"href":"https:\/\/tango-de-la-bahia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/19\/revisions\/78"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tango-de-la-bahia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/32"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tango-de-la-bahia.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}